Pratiquant le dirtjump/freestyle depuis l'âge de 12 ans, j'ai été confronté à un réel blocage pour réaliser la figure emblématique de la discipline : le backflip.
Blocage psychologique qui m'empêchait de passer la tête à l'envers, même sur airbag ou bac à mousse. J'avais donc laissé cette figure de côté, en attendant que vienne LE jour ou j'aurais décidé de vaincre ce blocage.
Un beau jour, alors que j'étais en trip à Barcelone, au spot de la Poma avec des amis dirteur, le vent soufflait trop fort pour rider quelconque ligne de dirt. Forcé de se rabattre sur le bac à mousse, et en voyant mes potes se balancer dans tous les sens, j'ai pris sur moi et me suis fait violence pour lancer ce backflip. En passant par une rotation un peu désaxée, qui m'évitait d'avoir vraiment la tête en dessous du vélo, j'y suis enfin arrivé ! Le blocage était parti, la semaine suivante c'était plaqué sur la terre.
L'année suivante, nous voilà reparti en trip sur ce même spot. Cette fois ci, je m'essaye au double backflip, dans ce même bac à mousse. Il passera du premier coup en replaquant presque parfaitement les deux roues simultanément. La question ne se posait même pas quant à tenter cette figure sur une vraie bosse, que je jugeais trop risquée.
Seulement un jour, plus d'une année après, sur notre spot local pas loin de Grenoble, j'ai eu un feeling particulier, qui m'incitait à le lancer. Une sensation un peu spéciale qui te laisse penser que c'est le bon jour, le bon endroit, le bon moment pour y aller. J'avais le mouvement en tête, je voyais exactement comment déclencher la rotation sur cette bosse, bien différente du bac à mousse dans lequel j'avais appris le mouvement.
La peur de chuter me fût hésiter un moment, faire quelques sauts à blanc. Mais cette même peur aide beaucoup à se concentrer et à rester focalisé en faisant abstraction du reste.