Chair de Poule, épisode 9 : Maxime Peythieu.

Le double au tournant.

 Chair de Poule, si vous avez été un ado de la génération Y, c’est une série de bouquins d’horreur pour gamins. On adore, on frissonne, on se fait peur… C’est un peu le concept de notre chronique.

Chaque semaine, un athlète Racer vous raconte la fois ou il a eu le plus peur de sa vie en pratiquant son sport !
Après Eliott LapôtreEnak Gavaggio,  Wilfried DelestreYannick GranieriLouis ReboulJuliette Liso-Y-Claret, Isabeau Courdurier et les Ride N’Roses c’est au tour de Maxime Peythieu de nous parler de sa plus grosse frayeur à vélo

Pratiquant le dirtjump/freestyle depuis l'âge de 12 ans, j'ai été confronté à un réel blocage pour réaliser la figure emblématique de la discipline : le backflip.

Blocage psychologique qui m'empêchait de passer la tête à l'envers, même sur airbag ou bac à mousse. J'avais donc laissé cette figure de côté, en attendant que vienne LE jour ou j'aurais décidé de vaincre ce blocage.

Un beau jour, alors que j'étais en trip à Barcelone, au spot de la Poma avec des amis dirteur, le vent soufflait trop fort pour rider quelconque ligne de dirt. Forcé de se rabattre sur le bac à mousse, et en voyant mes potes se balancer dans tous les sens, j'ai pris sur moi et me suis fait violence pour lancer ce backflip. En passant par une rotation un peu désaxée, qui m'évitait d'avoir vraiment la tête en dessous du vélo, j'y suis enfin arrivé ! Le blocage était parti, la semaine suivante c'était plaqué sur la terre.

L'année suivante, nous voilà reparti en trip sur ce même spot. Cette fois ci, je m'essaye au double backflip, dans ce même bac à mousse. Il passera du premier coup en replaquant presque parfaitement les deux roues simultanément. La question ne se posait même pas quant à tenter cette figure sur une vraie bosse, que je jugeais trop risquée.

Seulement un jour, plus d'une année après, sur notre spot local pas loin de Grenoble, j'ai eu un feeling particulier, qui m'incitait à le lancer. Une sensation un peu spéciale qui te laisse penser que c'est le bon jour, le bon endroit, le bon moment pour y aller. J'avais le mouvement en tête, je voyais exactement comment déclencher la rotation sur cette bosse, bien différente du bac à mousse dans lequel j'avais appris le mouvement.

La peur de chuter me fût hésiter un moment, faire quelques sauts à blanc. Mais cette même peur aide beaucoup à se concentrer et à rester focalisé en faisant abstraction du reste. 

Sous les encouragements de mes potes, et ce feeling qui me disait que c'était le bon jour, j'y suis allé.

Premier essai : il me manquait à peine quelques degrés de rotation. Seul un pied a décroché de ma pédale en réceptionnant. Plutôt satisfait, mais à la fois déçu d'avoir loupé de peu ce "first try", je remonte aussitôt au départ.

Deuxième essai : trop confiant, je ralenti ma rotation et tourne pas assez sur le deuxième backflip. Je chute sur le côté en frappant la tête au sol assez fort.

Je suis alors un peu sonné, mais après quelques seconde je décide d'y retourner. 

Troisième essai : je repars aussitôt sans vraiment m'être posé, je tire à moitié, et au milieu du saut je sent que ça ne va pas le faire alors je lâche tout, après avoir passé la tête en bas une première fois. Entrainé par la force de rotation j'atterri sur le bas du dos. J'entends un bon craquement dans mes cervicales.

Je me pose alors quelques instants. J'ai peur d'y retourner mais je ne peux pas m'arrêter si proche du but.

Je remonte sur ma prise d'élan, je fais le point de ce qui n'allait pas dans mes essais précédents. C'est le moment ou jamais. Je me dis alors qu'il faut que j'envoie un petit peu plus fort dès le début de la rotation. Je pars déterminé, focus comme jamais, et ça passera finalement parfaitement du quatrième essais.

Le mot de l'équipe Racer : La persévérance, la maîtrise technique et la précision millimétrée a permis à Maxime Peythieu de réaliser cette figure. Repoussez vos limites, mais soyez à l'écoute de votre corps. Protégez vous !

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